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Qui êtes-vous monsieur Lehnert ?

Yasmine Ouazzani journaliste au magazine Le Courrier de l’Atlas, paraissant à Paris, me contacte au début du mois de mars pour un jeu de question-réponse à-propos de la photographie Orientaliste en général et de Lehnert en particulier. Par manque de place cet entretien n’a pas paru dans le magazine en question (N° 25 daté avril 2009) et Yasmine s’en désole autant que moi puisqu’elle fut obligé de ne citer que quelques extrais (en bleu dans le texte).
Ci-après l’entretien complet…d’où l’utilité d’un blog.

Yasmine Ouazzani : En tant que photographe, quel regard portez-vous sur la photo orientaliste ?
Hamideddine Bouali : J’ai le sentiment que la photographie orientaliste a produit quelques spécimens remarquables, ni plus ni moins que les autres photographies ; la pictorialiste, la documentaire, la surréaliste, l’humaniste… Néanmoins nous sommes en présence non pas d’une école ou d’un style artistique – on n’en connait aucun manifeste écrit ni de chef de file déclaré- mais d’une vision d’un monde par rapport à un autre ou d’un autre. L’orientalisme – singulièrement par l’intermédiaire du vecteur de la photographie – en empiétant sur d’autres domaines – le politique, l’historique, le géographique, l’ethnologique, le touristique – suscite bien évidemment davantage d’interrogations
.

Carte postale N° 897 intitulée “Dans l’Oasis “d’après une photographie de Rudolf Lehnert (circa 1914)

Je trouve par ailleurs la citation de Victor Hugo – qui trouve en 1829 que l’Orient est devenu « Une préoccupation générale »- d’une rare acuité… Bien que la Campagne d’Egypte était depuis longtemps finie, la France, qui demeurait encore sous le charme de cette civilisation décrite, analysée et déchiffrée par ses scientifiques, se préparait à – précisément – occuper quelques pays d’Orient ou considéré en tant que tels. Tout cela me revient à l’esprit dès que je me trouve en présence d’une photographie orientaliste ou à caractère orientaliste ; formulation que j’estime plus appropriée.

Yasmine Ouazzani : Une galerie parisienne, Galerie au Bonheur du Jour, a récemment exposé des photos de Lehnert et Landrock, prises en Tunisie et en Algérie entre 1904 et 1910. On y voit entre autres des nus d’enfants. Que vous inspire l’exposition de telles photos en 2009 ?
Hamideddine Bouali : Le nu est une thématique particulière, alors que dire quand il s’agit d’enfants et de surcroit en photographie ? L’exposition « Controverses, une histoire juridique et éthique de la photographie» organisée à Lausanne l’année dernière et actuellement à Paris évoque plusieurs cas de photographies de nus d’enfants réalisées dans le passé ou aujourd’hui en Occident qui ont fait scandale. Alors le fait que je prenne des gants dès qu’il s’agit de telles images n’a rien à voir avec le fait que je sois né de ce coté-ci de la Méditerranée.
Cela dit, en tant qu’enseignant, je m’oppose à toute interdiction puisque je demeure convaincu que montrer ces photographies, ainsi que toutes autres photos qui pourraient faire polémique (photos de guerre, de propagande, outrageante, attentatoire…) est essentiel puisque didactique. Le travail pédagogique s’inscrit alors dans la recherche des circonstances, des raisons et surtout des utilisations de ces images. C’est un minutieux travail de lecture que d’autres photographies n’exigent pas. En conséquence de ce que je viens d’avancer, je suis convaincu que si toute photographie est à voir dans le cadre d’une exposition, certaines devraient être suivies d’une attention particulière par devoir de précaution vis à vis d’un public en ignorance de cause de l’Histoire et de celle de la photographie en particulier. Dans ce cas précis, il est question d’une différence d’appréciation de la notion de pudeur. L’histoire des mentalités nous apprend que la nudité a été différemment considérée ; sublimation du corps ou son humiliation.

Carte postale N° 742 portant le titre “Types d’Orient esclave” d’après une photographie de Rudolf Lehnert (circa 1914)


Yasmine Ouazzani : Doit-on montrer ces images qui somme toute reflètent un passé et une Histoire ? Où et comment les montrer alors ?
Hamideddine Bouali : Le fait que ces images ont été réalisées à une époque ou nous étions sous protectorat, que ces enfants ignoraient totalement ce que l’on fera de leur image me pousse tout naturellement à la plus grande prudence. En tant que curateur j’estime que la mission d’un commissaire d’exposition ou d’un galeriste s’exerce au beau milieu d’un carrefour périlleux. Au croisement de la liberté d’expression, reconnue plus ou moins universellement à tous (pourquoi limiter ce privilège aux artistes et aux journalistes ?) et de la bienséance appropriée à chaque lieu et en toute époque. « Jusqu’où aller trop loin ? » cette devise en forme d’interrogation serait le parfait credo des curateurs car n’oublions pas que si la culture est là pour nous rassurer, l’art est une continuelle transgression des normes.
Le fait que ces photographies furent réalisées il y a un siècle ne pourrait en aucun cas être considéré comme un sauf-conduit. Ceux qui pensent le contraire ont-ils estimé le temps nécessaire pour exposer certaines photographies de Mapplethorpe, de La Chapelle ou de Diane Arbus sans précaution particulière ?
Exposer ces photographies dans une Médina pendant le mois saint de Ramadan est irresponsable, car là on confond transgression et provocation. Je suppose toutefois que ces mêmes photographies pourraient occuper les cimaises d’une autre galerie sans provoquer de réactions particulières trois mois plus tôt et ailleurs que le centre historique et traditionnel d’une ville arabe. Je suis totalement d’accord avec Benjamin Stora quand il affirme que « L’image nous renseigne plus sur la société qui la regarde que sur elle-même ». Ainsi les photographies controversées de Lehnert qui demeurent, en tout cas pour moi, une énigme ont réussi à provoquer une importante littérature aussi bien élogieuse que calomnieuse.
Yasmine Ouazzani : Doit-on en interdire la diffusion au nom du droit à l’image d’autant plus qu’elles montrent des jeunes pré pubères dans le plus simple appareil ?
Hamideddine Bouali : Non, puisque personne de ces modèles ne s’est porté partie civile !!! D’ailleurs ce droit n’est pas spécifique à cette tranche d’âge, toute personne s’estimant lésée par la diffusion de son image pourrait porter plainte. En l’absence dans le Code civil français d’une mention relative à la transmissibilité du droit à la vie privée, les tribunaux reconnaissent que la dimension patrimoniale du droit à l’image et du droit à la vie privée est transmissible comme tout autre bien faisant partie du patrimoine. On lègue son image tout comme toute autre bien immobilier. Cela voudrait dire qu’un descendant de ces personnes prises pour modèles pourrait soit demander l’arrêt de la diffusion d’une photographie où figure un de ses aïeux s’il estime qu’il y a préjudice moral ou alors demander exactement le contraire : revendiquer une part des bénéfices générés (vente de tirages ou de cartes postales) ! Cela semble loufoque, mais c’est une lecture possible de cette loi.
Par ailleurs le Code tunisien de la protection de l’enfant (promulgué en novembre 1995) stipule que la protection de l’enfance est prioritaire sur toute autre loi. Ce code garantit à l’enfant (toute personne humaine âgée de moins de dix-huit ans et qui n’a pas encore atteint l’âge de la majorité par dispositions spéciales), le droit de bénéficier des différentes mesures préventives à caractère social, éducatif, sanitaire et des autres dispositions et procédures visant à le protéger de toute forme de violence, ou préjudice, ou atteinte physique ou psychique, ou sexuelle ou d’abandon, ou de négligence qui engendrent le mauvais traitement ou l’exploitation. Si ce Code ne peut s’appliquer aujourd’hui aux enfants figurant sur les images en raison de la non-rétroactivité des lois, il est par contre approprié aux jeunes visiteurs des expositions, au cas où celles-ci aient lieu en Tunisie.
Mars 2009
Commentaires
Le dossier intitulé dès la couverture : « Orientalisme, art, histoire ou scandale ? une exposition controversée » semble porter en lui-même le jugement final… pas besoin d’enquêtes ni de débats. Et si c’est justement les trois à la fois…Art ; surement puisque les œuvres de Lehnert ne sont pas dénuées d’un certain souffle artistique. Histoire, forcément car elles ne peuvent se lire qu’à la lumière de la colonisation des sujets photographiés et la biographie du photographe, Scandale ? inévitablement comme pour toute œuvre qui transgresse.
Le Courrier de l’Atlas, comme bon nombre d’historiens, veut absolument faire débuter l’histoire de la photographie dans les pays du Sud de la Méditerranée avec leur occupation par une Puissance européenne (colonisation ou protectorat). Il y a là un non sens, c’est uniquement une coïncidence qui a fait que l’expansion de la photographie (aussi bien là qu’ailleurs) s’est faite parallèlement avec l’hégémonie des pays européens en Afrique et en Asie. La contemporanéité des événements ne veut absolument pas signifier leur causalité. Rappelant que Lehnert était Autrichien et aucun historien sérieux ne pourra l’accuser d’avoir été colonialiste voire raciste !!!
Le dossier (d’instruction) du Courrier de l’Atlas est totalement défavorable à Lehnert. Aucune mention n’a été faite sur la grande qualité de sa photographie – les photos de nus n’étant qu’une mince partie – à part les appréciations de Nicole Canet, gérante de la Galerie Au Bonheur du jour.
D’autre part l’article cite une phrase (hors entretien) tirée d’un livre que j’aurais fait paraitre est pour le moment prématuré. J’ai effectivement rédigé un texte docu-fiction-historique où des descendants d’un modèle faisaient un procès à Lehnert pour droit à l’image. Au cours de ce procès le procureur (faisant son métier) trouve que Lehnert se venge – à sa manière – des orientaux en les mettant à nu. Vienne ne fut-elle pas par deux fois assiégé par les Ottomans ? La Méditerranée ainsi que tout le sud de l’Europe n’étaient-ils pas à la merci des musulmans ? Personnellement je me situe exactement entre les accusations outrancières du procureur et les éloges de l’avocat de la défense.
La dernière phrase de l’article final du dossier, signé Abdelkrim Branine, aurait mieux fait de rester sur l’écran de l’ordinateur du rédacteur en chef que de figurer en guise d’argument indiscutable et définitif sur les photographies controversées de Lehnert : « …des galeristes allemands auraient-ils la possibilités d’exposer à Berlin puis à Paris des photographies de jeunes Françaises dénudées prises pendant l’occupation ? Avoir la seule polémique née l’an dernier lors de l’exposition Les Parisiens sous l’occupation, rien n’est moins sûr… ».
Comment se permet-on de comparer des pays, des époques, des mentalités…et le photographe dans tout cela ?
Encore une fois on fait parler les photos, les historiens, les critiques, les spectateurs mais pas le photographe. Pauvre Lehnert ! Chaque fois qu’il est évoqué, la nuance s’éclipse !!!
Hamideddine Bouali
9 avril 2009

Pour vous faire une idée précise à propos de l’Å“uvre de Rudolf Lehnert ne manquez pas de visiter le site de mon ami Michel Megnin : http://michel.megnin.free.fr/

A propos de Lehnert vous pouvez consulter mes textes sur ce même blog :
« Lehnert, le retour ». 1 juin 2006
« Administration du visuel » . 31 octobre 2006
« Ce que je pense de l’exposition “L’image révélée” ». 31 octobre 2006
« Une théorie contestable, un fait oublié et une exposition ». 5 novembre 2006
« Amicalement Votre ! ». 2 novembre 2006
« Les miroirs feraient mieux de penser avant de réfléchir une image ». 7 décembre 2006
« La Photographie ne finira pas de parler d’elle ». 31 janvier 2007
« États de la photographie entre le malentendu visuel et la responsabilité du commissaire ».15 janvier 2007

[image]
An other snap shot of the last Ramadan’s food set.

Les Promesses de l’aube

À propos de Ramadan
À la veille de chaque Ramadan ou d’Aïd el Fitr, nous sommes témoins de l’habituel débat à-propos de la visibilité du croissant lunaire. Les tenants de chaque bord, les traditionalistes adeptes de la visibilité à l’œil nu et les amateurs d’astronomie n’arrêtent pas de défendre leurs positions respectives. Semble-t-on ignorer que la question n’est pas là ? L’important n’est-il pas de s’interroger sur la nature de la Lune et par delà, l’immensité du cosmos et donc notre statut dans l’univers.

Croissant lunaire du 24 ème jour de Ramadan 1406 (2 juin 1986).
Photo Hamideddine Bouali. Olympus OM1 + Céléstron 8, focale 2000 mm, ouverture  f/8 .
Film spécial Kodak 2857 de 12 asa.Temps de pose 5 secondes.

Jeûner un jour de plus ou de moins n’est-il pas futile par rapport aux interrogations existentialistes que ce mois saints nous dicte de nous poser en levant – tout simplement – notre tête vers le ciel ?


Belle soirée ramadanesque
Notre ambition était de réunir le plus grand nombre de photographes à l’occasion d’une soirée où seront évoqués aussi bien l’œuvre d’Abdelhamid Kahia que celles des photographes – toutes catégories confondues à supposer qu’il en existe- en exercice aujourd’hui. En un peu moins d’une semaine, dix-huit photographes de Tunisie et trois de l’étranger ont répondu à notre appel. En faisant jouer l’audience de ce blog, quelques appels téléphoniques et un entretien donné à notre amie Marianne Catzaras – belle et efficace signature du quotidien tunisien Le Temps – un beau monde fut réuni ce 25 septembre dans le coquet patio de Dar el Bennani. Notre appréhension – Mohamed Bennani propriétaire des lieux et moi-même en maître de cérémonie – était grande tout le long de la journée à propos des conditions météo – les patios sont toujours à la merci d’un capricieux nuage – et nous avons trouvé une belle formule afin de parer à toutes éventualités. S’il pleuvait, on dira que cette symbolique ouverture de l’année photographique porte le signe de la fertilité, et au cas contraire, la chance serait avec nous puisque la soirée ne serait pas perturbée. La soirée commença sous d’excellents auspices puisque le patio fut exigu pour contenir le public qui s’est déplacé pour la circonstance.


La Tunisie de Kahia
Sonia el Euch, nièce d’Abdelhamid Kahia – évoqua avec une réelle émotion le souvenir de son oncle et le lègs d’un grand photographe. Zohra, sÅ“ur du photographe, qui fut un certain moment sa collaboratrice, contenait difficilement ses larmes.

Ma contribution à cette soirée fut une lecture visuelle de son prestigieux ouvrage “Tunisie” édité aux éditions Kahia, préfacé par Jean Duvignaud. Même s’il n’est pas permis d’affirmer que c’est Abdelhamid Kahia lui-même qui a procédé à la mise en page de cet ouvrage, il est par contre utile de rappeler qu’un ouvrage illustré de cette valeur n’a pu se faire que grâce à une photothèque d’une grande qualité. Les prises de vues de Kahia sont d’une rigueur exemplaire, elles ressemblent à des schémas : il n’y a que ce qu’il est utile de voir. Alternant les cadrages rectangulaires avec d’autres carrés, le photographe, ainsi que le maquettiste, ont conçu un livre d’une grande fluidité de lecture. L’humour, les clins d’œil et un soupçon de volupté donnent à ce “Tunisie” une fraicheur très en avance à l’époque de sa parution.

Association de bonnes volontés
Un diaporama de pas moins de deux cents photographies signés d’une belle brochette de photographes de Tunisie et d’ailleurs a permis à l’assistance de prendre le pouls d’un moyen d’expression qui ne cesse d’année en année de drainer de nouveaux talents. Pour répondre à certains qui ont vu dans ce diaporama un mélange de genres mal venu et de qualités disparates, il est nécessaire de rappeler que cette soirée fut ouverte à toutes les participations d’où qu’elles venaient. Ce diaporama est un peu le Marathon de Paris (ou de Comar) : aucune présélection ni critères d’admission. C’est l’occasion de découvrir de nouveaux noms et de saluer les habitués. L’intérêt même de cette soirée était de réunir les photographes , de débattre de l’état actuel de la photo et de se souhaiter une bonne rentrée.

Le diaporama permit de passer en revue les œuvres de ; Ons Abis, Rania Aoun, Brahim Bahloul, Kais Ben Farhat, Lilia Benzid, Hamideddine Bouali, Bochra Bouneb, Kais Boussen, Marianne Catzaras, Mahmoud Chelbi, Djibril Drame, Sami Frikha, Chafik Gaies, Karim Kaddour, Abderrazak Khéchine, Mounir Mabkhout, André Marzuk, Claude Pérez, Riadh Sifaoui, Douraid Souissi, Marwane Trabelsi. (les œuvres de Xavier DeLuca arrivées le lendemain de la projection n’ont pu être vues).

Le débat qui s’en suivit montra encore une fois la nécessité de se remettre aux conseils d’un directeur artistique ou curateur, le photographe n’étant pas capable seul de choisir, mettre en scène ou publier ses photographies sans l’aide d’un bon conseil. Celui-ci devrait connaître aussi bien les aspirations du photographe qu’il parraine, l’histoire de la photographie ainsi que le monde de l’art.
Je côtoie depuis trois ans Natalia Jaskula, photographe polonaise résidant à Paris. En sa compagnie, j’ai énormément appris lors de la mise en place des expositions des Rencontres Internationales de la Photographie de Ghar el Melh. Elle m’a donné le goût d’approfondir la réflexion à propos de la photographie engendrée par un photographe. Que cherche-t-il à montrer ? Comment et où le situer dans le parcours de la photographie ? Puis comment montrer de la meilleure façon possible ses œuvres. Une enrichissante leçon de bon goût et un réjouissant exercice de réflexion.

Le débat se poursuivit avec l’idée de constituer une association. Depuis les années quatre vingt, on ne s’est jamais arrêté de demander la mise en place d’un cadre légal d’activité photographiques. Les éventuelles possibilités : association, union ou société ? Regroupant les photographes de Tunisie ou tunisiens ? faut-il y ajouter le terme art photographique ou expression photographique ? Reflétera son statu, les objectifs ainsi que le public ciblé. Juste après la première heure du lendemain, on s’est promis de nous retrouver, cette fois-ci chez Mach (Mahmoud Chelbi) à L’Aire Libre du Teatro pour continuer le débat.

P.S. Il n’avait pas plu…


Hamideddine Bouali
4 octobre 2008

sherie_michele has added a photo to the pool:

Closed for Ramadan

like all but a few places to eat

antevans has added a photo to the pool:

100-0020_IMG

Snapped while crossing the road in a bled somewhere between Grombalia and Nabeul. The car drove off moments later. I was out trying to find food during Ramadan. All I managed to find was bananas.

Zaghouan, Zagwane, Zaghouan by night, ramadan,Tunisia, tunisie

Zaghouan, Zagwane, Zaghouan by night, ramadan,Tunisia, tunisie

The town is in the heart of the event.

MiaAaAaAaAaAaAam MiaAaAaAaAaAaAm Voila cke je mange le soir en regardant Sbo3iiii hihihiii oui elle craint cette série c’est pour ça que je regarde :p

Ramadhan Moubarak y Sahha chribetkom hihiii

September 15th, 2007 Posted in photo blogs Tagged el, est, gate, hot, la, man, photo, q, rain, ramadan

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