Club de Paris, les incertitudes
Il y a encore deux semaines, l’Argentine restait ferme dans sa décision de payer sa dette au Club de Paris dont les créanciers principaux sont l’Allemagne (30 %), le Japon (25 %), l’Italie et l’Espagne (8 % chacun), la Hollande (9 %) et les États-Unis (7 %).
Puis vint la crise.
Depuis quelques jours, on entend un peu de tout. Le ministre de l’Intérieur, de quoi se mêle-t-il, commence à dire que si on va payer, Cristina lors d’une manifestation populaire, 2 jours après, que non ce n’est pas le moment, le ministre des Finances cette fin de semaine que le paiement se fera à un moment où les créanciers ne s’y attendront pas. Bref une cacophonie qui dénote simplement une hésitation de la part du gouvernement.
En fait, ils aimeraient bien un financement. Mais refinancer sa dette vis-à -vis du Club de Paris implique nécessairement l’intervention du FMI. Et ça, pas question.
Il y a aussi les teneurs de bons Argentins qui n’avaient pas souscrit à la renégociation de la dette. Une solution devrait être trouvée, les circonstances sont assez favorables pour négocier aujourd’hui, il serait dommage de ne pas en profiter.
On sait que la récession sera mondiale et que, même si certains se plaisent à croire qu’elle sera moins forte ici qu’ailleurs, il faudra de l’argent frais, de l’argent bon marché pour soutenir une économie basée plus sur l’exportation que sur la consommation intérieure. Pour cela, il faut solder ses dettes, encore plus aujourd’hui qu’hier.
La seule mesure visible qui a été prise ces jours-ci c’est un ordre donné aux douanes et destiné à limiter l’importation de produits finis bon marché, électronique, vêtements, divers afin de soutenir la production interne. On essaie aussi de passer des accords au sein du Mercosur, en particulier le Brésil, pour ne pas augmenter davantage le déséquilibre des échanges.
Mais le protectionnisme ne peut être qu’une solution temporaire. Attention aux représailles.
La baisse des matières premières pose aussi un problème majeur et le budget risque d’être en fort déséquilibre. D’autant que la récession mondiale va peser fort sur un des piliers de l’économie argentine, le tourisme. Depuis quelques jours, les annulations dans les agences, les hôtels se font sentir. Même le tourisme interne, ce dernier week-end de trois jours, montre le visage de la crise à venir.
Mais ce coup de froid a quand même un côté positif. L’inflation va diminuer de manière radicale.

